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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 09:58

tout continue, en pire

allons gaiement

en avant

vers toujours plus

d'avenir

18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 20:05

tous avaient attendu la première neige.

elle devait tomber dans la nuit.

on allait se réveiller ouvrir les volets voir la neige

le paysage blanc la vie pure et le silence.

 

 

 

ç’avait été si long de l’attendre – cette

douceur du temps était devenue pesante.

ç’avait été si lent l’hiver sans neige

si triste le monde gris et la saison absente.

 

 

 

et puis le froid vint ; elle allait venir

la nuit ! cette nuit ! la blanche neige

qu’on n’entend pas tomber et qu’on admire

la divine surprise le songe d’un monde réinventé !...

 

 

 

on en vit même, de nuit, sortir le nez

et lever les yeux pour la voir tomber, pleuvoir, neiger

- mais pas de neige. la nuit noire. on attendait.

au matin la pluie noyait depuis bien avant l’aube

 

 

 

notre rêve enfantin.

2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 15:47

midi passé. novembre agonisait

ployant sous le poids d’un comme éternel été

passant la saint Martin, et déployant jusqu’en l’ultime lumière

une incommensurable, inouïe douceur – bonne à nous faire dire

que pour un peu, vivre est encore simple.

 

 

 

si bien que nous avons dressé la table dehors, dans l’air clément.

c’est dimanche et qui croirait

que dans un mois l’hiver doit

venir avec la glace et l’ombre

et la blanche mort de tout ?

 

 

 

bien sûr et pourtant, aux arbres plus de feuilles – le feu immobile

est venu déjà tout jaunir, roussir, rougir et brunir,

et tout est tombé dans un silence affreux – et pourtant encor

sur les bas côtés des chemins jonchés de feuilles mortes déjà

d’impossibles violettes embaument et de fous fraisiers fleurissent :

 

 

 

ainsi au cœur de la mort s’avançant au calme de son contre temps, par la lumière douce camouflée,

pointe, plus avant encor, victorieuse d’une vive victoire, la vie. mais on doute et se demande

si le temps n’est pas en exil, et tout longuement déjà mort,

si ce ciel pour nous généreux s’est défait de son manteau

- ou ment pour nous saisir tout vifs dans son gel, et nous tuer plus vite et mieux…

 

 

 

questions hors de saison. il était temps de manger – mangeons !

et nous mangeâmes, heureux, bien heureux, dans le souci de rien et le ciel vide,

célébrant au grand air l’amitié

de tout, la clémence du temps, tout, petites tombes sur folles gloires,

l’amitié de cette dernière lumière, l’hivernal été :

 

 

 

ce qui nous tue déjà nous rend déjà vivant

29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 22:20

Madeleine des Rameaux

contemple à travers les ramées

le spectacle du vent

 

jeu de lumière entre les branches

valse du ciel et du soleil

l’esprit souffle et veut et va

 

il vient, c’est vrai, d’on ne sait où et

c’est beau dans le ciel le ciel bleu

ce vent fou

 

- ô souffle frais, esprit d’éveil

qui tout avive, accroît et meut, ô paraclet

qui tout sauve, qui tout aime et recrée  

 

elle voit, Madeleine, le petit dieu là,

qui parle et s’enfuit,

et qui se tait

 

elle boit, Madeleine, le doux silence

et le beau bruit

que cela fait :

 

geste vaste, ample, invisible,

qui nous promène – des traces vierges précédaient

cette marche – et le vent fouettait, fouettait

 

- ô souffle frais, esprit d’éveil

qui tout avive, accroît et meut, ô paraclet

qui tout sauve, qui tout aime et recrée 

 

le vent crie presque ses secrets

dont on ne sait le fruit

- pour ça pourtant ne faut que le savoir des simples

 

nous l’entendîmes un peu, la promesse hurlante du vent:

que le vent rien d’autre ne soit que notre vie,

et en nous la sourde saveur de vivre comme le vent ainsi

 

nous allions donc ce jour, âmes pleines,

dans cette promesse même, devant la fontaine

où paissent de beaux et vieux ânes

 

- ô souffle frais, esprit d’éveil

qui tout avive, accroît et meut, ô paraclet

qui tout sauve, qui tout aime et recrée

 

 

 

 

et Madeleine a caressé les ânes

qui ont des yeux immenses

et du gris toute nuance 

 

ils sont doux, ils sont bons, les ânes

l’enfant déjà le sait, la jolie qui n’a qu’un mois

et une sainte semaine

 

partout toujours la grâce, autour des animaux petits

autour des petits hommes, en toute bête multiplie

ses passages larges, larges

 

- ô souffle frais, esprit d’éveil

qui tout avive, accroît et meut, ô paraclet

qui tout sauve, qui tout aime et recrée  

 

alors encore elle a, Madeleine,

observé le jeu des branches

plus violent dans le soir vite violet

 

tout est secoué, tout penche

mais Madeleine tranquille s’endort

joyeuse : le jour est passé bien généreux

 

puis maintenant la nuit vient doucement – bientôt

le mois de mai, on le voit au soleil qui meurt

et luit encore

 

- ô souffle frais, esprit d’éveil

qui tout avive, accroît et meut, ô paraclet

qui tout sauve, aime et recrée  

 

et la nuit noire, et notre fin : Madeleine

profondément dort. la joie n’est pas

éteinte encore

 

voici le temps de la prière :

le long de ce jour simple

tout fut don

 

- merci mon Dieu

pour le Bon Dieu

qui est bien bon

13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 09:16

 

il attendait le salut bienfaisant de la pluie,

l'espérant comme le pécheur en son péché

du vice l'oasis après, morne désert traversé,

bien des vertus.

 

la pluie vint, tombant à grosses gouttes,

bien lourdes, une pluie chaude, amère.

il était là, dessous, dansant au baptême néfaste

- ainsi recevant du ciel gris son dû, sa peine et son salaire.

 

et restant trop longtemps sous l'eau battante,

les cieux généreux offrirent au mécréant,

prix de la mauvaiseté patiente,

la grâce du suicide en une noyade lente.

 

c'est alors qu'il connut, noyé vraiment

sous l'eau bonne et lui-même entièrement plein

jusqu'en son ventre, ses poumons, ses veines

de l'eau céleste et limpide et claire 

 

que le ciel se vidant pour lui l'avait coulé dedans son sein

et que, pour le faire même et autre, le Ciel Océan avait empli comme une outre

du liquide vital de la vie son vide, aride, sec néant

jusque pour aujourd'hui le rendre, lui naguère bois mort, élément de l'eau.