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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 09:25

ScannedImage-27le trajet.

 

revenant de la capitale, ayant quitté l'A43

il roulait dans la nuit et la brume

sur la nationale 6 – il allait, je crois

au Pont, ou à La Tour

rentrant à la maison du père, une fois de plus

 

dehors, vitesse bruyante des moteurs

publicités, panneaux indicateurs. 140 kilomètres

heure au compteur: tout défile – il ne regarde rien. et n’entendit pas – car il écoutait

immobile, Mozart qu’il adorait parce que c’était la vie

parce que c’est la paix

 

le trajet n’est plus que musique – il allait sans bagage, sans papier, sans image, ni plan

ni carte – depuis l’enfance connaissant le chemin par cœur.

ses parents étaient alors au volant et lui, contre la vitre

à l’invention du paysage. la grâce de ce passé fit retour en lui

l’instant d’un sourire – folie

 
les pompiers qui désencastrèrent le corps

disent que jamais ne virent visage tel

tant immobilement serein, et tant plein de joie, et comme encor vivant

– souriant vestige et trace vive de son ultime ave :

à la Reine de la Nuit, salut 

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:23

ScannedImage-26

j’ai dit

que les morts se lèvent

aussi calmement que Dieu

 

parade de monstres

affreux fantômes

pourritures du diable

 

Anubis dieu chacal tais-toi

quitte l’Egypte

sois des nôtres

 

viens, Chien sauvage et fidèle :

pour tout onguent seulement ces mots

pauvres pages blanches bandelettes

 

agis sans magie

 

lave-tout fais ton œuvre

comme tu peux

sans crier

 

pas de faux secret

pas de faux miracle

 

laisse pourrir ce qui doit

fût-ce un chat sacré

fût-ce un corps d’apôtre

 

les larmes

les sables

l’oubli

 

puis Dieu réparera

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:19

gisants

6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 11:20

ScannedImage-24les fruits.

il y a les fruits amers
qui font gémir et pleurer
et les fruits délicieux
dont on jouit et disparaît

on ne sait pas reconnaître
le bon arbre comme on veut
alors on croque au hasard
on pleure et tout est fini

car on est trop sûr toujours
des légendes ambigües
et toujours trop l’on regrette
le vrai goût du fruit vrai

pourtant qui sait qu’il n'y a
qu’un tronc qu’une fleur qu’un fruit
même écorce et même sève
il mange la joie il vit

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:18

ScannedImage-23poor Yorick.

grimaçant plissant
frottant sa peau
le comédien sent
son crâne

dans un siècle il le voit
tenu dans les mains neuves
les mains jeunes les mains nues
d’Hamlet

le même Hamlet
le même Yorick
même scène
même vie

ce sera son dernier rôle

– non celui drôle d'avoir été

mais comme toujours
mais comme le premier
mais comme à chaque fois

l’incarnation
d'une prière muette :
sois