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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 23:48

le quatrième mouvementle quatrième mouvement.

la nuit est sans étoile tu rentres du bois
pour que le feu ne meure et pour que tes enfants
et ta femme qui porte la vie n’aient pas froid
voilà un acte bon le reste est pour le vent

six bûches dans les bras tu te souviens à qui
enfant tu voulais ressembler: à Jivago?
– pour nourrir l’âtre combien d'arbres morts acquis?
tu seras Platonov – ton cœur croit ce ragot

il est vrai: ta veste bleue est râpée défaite
tu es un piètre professeur un comédien
du dimanche et salle des profs salle des fêtes
même mépris même fatigue tu sais bien

le temps n’est plus aux poètes – l’a-t-il été
jamais? partout le siècle est en fête tu pleures
dans la glace rêvant aux brûlures d’été
de joie rouge pleurant dans la foule pâleur

car tu gardes dans toi un secret bien gardé
on te lira dans dix siècles on te lira
parce que tu salues les faces non fardées
visages vrais du présent nu – on t’oubliera

non tes vers non tes pages non tes livres non
pas plus que le feu le vent pas plus que l’hiver
ni cette brise vivante et chaude et sans nom
d’où venue? sous le gel chanson de la rivière

tu reconnais le quatrième mouvement
de la Cinquième de Chosta – tu ne sais pas
pourquoi la symphonie et la levée du vent
vont caressant l'écorce – ralentis le pas:

pluie de lumière pluie de gloire sur les arbres
tu salues l’acacia qui veille sur ta porte
(hier: tu revois la lumière qui son tronc marbre
danse en ses branches nues salut aux âmes mortes)

bénédiction de la musique, vie sans fin
– tu laisseras dehors la nuit et la froidure
on t’attend la brassée pèse le feu a faim
ô flot de la lumière en moi – d'où venue? – dure!

que je n’oublie ton chant qui chante ma présence
d’une faille jailli jailli de ce point fixe
noyau de l'univers inconnu de la science
soleil de tout : vie amour beauté joie musique

tu croyais que des dieux fiers et mauvais t’avaient
condamné or tu gouvernes tu sais la loi
qui régit mort des rois et marche des forêts
ton rêve est sauf ta vie est vraie – le feu prendra

5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 23:47

petite fuguepetite fugue.

 

noir est le Rhône qui partage
le ciel en deux : sur les collines
d’Ardèche l'orage – ici-bas
      le ciel bleu

la voiture passe le pont
puis monte les virages sur
le fleuve sombre vers des trombes
      de nuages

voici deux jours que nous roulons
vitres closes l'air pèse lourd
ouvrons-les veux-tu avant que
      la pluie tombe

la voiture entre dans l'éclair
c’est la nuit – nous laissons dans nos
rétroviseurs journées et vies
      ordinaires

4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 23:46

quelque chose d'immensequelque chose d'immense.

 

quelque chose d’immense

nous devance

 

et multiplie

3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 23:45

en basen bas.

 

en bas est la ville
vers quoi coule toute boue
où les hommes, puisqu’il faut
vont aussi : vendre leur temps
leur chair et leur esprit
tout le vrai de leur vie
à des ogres qui les mangent
– parce qu’ils y croient

donc loin, haut, tu causes
avec une amie devant un café chaud
des chiens vous entourent se reposent
dehors il pleut. vous parlez de livres
avec mélancolie et fièvre
comme dans une vie rangée
du passage foudre
d’éphèbes passés

un instant tu regardes par la fenêtre
la pluie tombe et ne s’en soucie goutte
tu songes à une autre vie
doutant des nuages
en bas la ville est laide grise triste
mais il y a des nuances dans
la laideur plusieurs tons
de gris diverses âmes tristes

ne fais rien
contemple
gagne ton paradis

2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 23:20

orion 1orion 2Orion.

Orion
Orion va se lever

c’est vendredi l’hiver est à janvier
avant de quitter le travail
je cause avec une femme de ménage

elles ne sont pas trop longues, les journées?
on s’habitue, vous savez
je sais, on s’habitue à tout
et puis dans une heure j'ai fini
et c’est le week-end
oui le week-end bon week-end
merci bon week-end aussi

roulons

au loin le soleil hostie de feu
je m’arrête au bistrot de Virieu-sur-Bourbre

j’écris :

je pense à Orion qui bientôt se lèvera
bleu de Rigel Bételgeuse rouge
et les trois étoiles alignées
trois joyaux sur la nuit peau de baleine

ce sont trois mages enfermés
dans une cage infiniment ouverte
ils avancent tournent autour de la polaire
la cage avance et tourne autour de la polaire aussi

ils veulent voir leur libérateur
et prisonniers tous du même rythme
du rythme unique
tournent tout l'hiver pour rien

dans le bar on parle d'une voiture
embourbée dans la neige molle et la boue

des hommes se lèvent
prêtent leurs bras

ce sera dur
ils ne le savent pas

verront-ils leur libérateur?
ils ne le savent pas

mais
se levant
ils déchirent le ventre du Chasseur mythologique!
ils déchirent le ventre du Chasseur mythologique!

la nuit va venir
roulons

Orion
Orion va se lever