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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 12:12

Titan supplicié, je te salue

- sans que ma révérence soit soumission

 

merci à toi pour le don du feu externe, et merci à toi

d’en avoir réglé l’addition

en la malédiction

des dieux

 

je ne dis pas Zeus est un salaud

je dis il est dieu, voilà tout, et je dis

Prométhée héros

 

Titan supplicié, je te salue

- car tu fus brave et généreux comme un mortel

 

mais je laisse vers toi gravir une question :

tes héritiers, les reconnais-tu ?

n’ont-ils usé de ton feu sacré pour se brûler la raison ?

n’ont-ils usé de ton feu sacré pour perdre sens et mesure

- et la chantante modération ?

vois, ces disharmonieux qui se réclament de toi

- supplice pire que la dévoration du foie :

vois la dévoration de ta mémoire

et de ton nom

 

supplicié zénithal, je te salue, en la pensée de midi,

en ton sommet lié pour ne pas choir dans l’abîme double

que ton chant, Prométhée, monte encore et culmine en nos cœurs :

 

j’ai volé le nécessaire - lumière lumière lumière

sans effacer la nuit

ce n’était rien de trop - rien de trop

l’ingratitude m’a payé de son fruit - lumière, lumière

haut, noir et lourd mystère

ce n’était rien de trop - rien de trop

7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 09:26

le désir toujours nous mord

-         donner chair à nos âmes

5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 17:42

le meurtre et l'innocence, janvier 2005

3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 11:57

la pluie, décembre 2006

2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 15:47

midi passé. novembre agonisait

ployant sous le poids d’un comme éternel été

passant la saint Martin, et déployant jusqu’en l’ultime lumière

une incommensurable, inouïe douceur – bonne à nous faire dire

que pour un peu, vivre est encore simple.

 

 

 

si bien que nous avons dressé la table dehors, dans l’air clément.

c’est dimanche et qui croirait

que dans un mois l’hiver doit

venir avec la glace et l’ombre

et la blanche mort de tout ?

 

 

 

bien sûr et pourtant, aux arbres plus de feuilles – le feu immobile

est venu déjà tout jaunir, roussir, rougir et brunir,

et tout est tombé dans un silence affreux – et pourtant encor

sur les bas côtés des chemins jonchés de feuilles mortes déjà

d’impossibles violettes embaument et de fous fraisiers fleurissent :

 

 

 

ainsi au cœur de la mort s’avançant au calme de son contre temps, par la lumière douce camouflée,

pointe, plus avant encor, victorieuse d’une vive victoire, la vie. mais on doute et se demande

si le temps n’est pas en exil, et tout longuement déjà mort,

si ce ciel pour nous généreux s’est défait de son manteau

- ou ment pour nous saisir tout vifs dans son gel, et nous tuer plus vite et mieux…

 

 

 

questions hors de saison. il était temps de manger – mangeons !

et nous mangeâmes, heureux, bien heureux, dans le souci de rien et le ciel vide,

célébrant au grand air l’amitié

de tout, la clémence du temps, tout, petites tombes sur folles gloires,

l’amitié de cette dernière lumière, l’hivernal été :

 

 

 

ce qui nous tue déjà nous rend déjà vivant