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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 23:02
BAUCIS

Un prodige, la chose est claire;
Mais qui fait toujours mon tourment,
Car il y eut dans cette affaire
Beaucoup de louche, assurément.

PHILEMON

En lui concédant le rivage,
L'empereur est-il à blâmer?
Un héraut vint le proclamer
Sonnant la trompe à son passage.
Ils se sont d'abord installés
Là-bas, sur la dune prochaine;
Tentes, huttes, puis, dans la plaine,
Bientôt s'édifie un palais.

BAUCIS

Le jour, les valets se bousculent,
Pelles, pioches volent en vain;
La nuit, des flammèches circulent,
La digue est là le lendemain.
Le sang des victimes ruisselle,
Des plaintes sonnent dans la nuit,
Vers la mer la flamme étincelle,
Au jour un canal est construit.
L'homme est sans dieu; il voudrait prendre
Notre cabane, notre bois.
C'est un bon voisin, à  l'entendre;
Pourtant, il faut subir ses lois.

PHILEMON

Mais il nous offre une fortune,
Un bien sur les terrains nouveaux.

BAUCIS

Non ! reste fidèle à ta dune,
Ne crois pas au pays des eaux.

PHILEMON

Allons à la chapelle proche
Voir du soleil l'ultime adieu.
Prions, faisons tinter la cloche
Et fions-nous à l'ancien Dieu.

Goethe, Faust II, acte V, En plein air; traduction de Jean Malaplate, éditions Flammarion, 1984.
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 09:40

renaissance 

 recommence

15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 13:57

"L'Eglise catholique eut alors peur qu'on associât messe et théâtre, et qu'on crût que la messe n'était que théâtre.
Si la confusion a toujours été possible, la peur, elle, est infondée : c'est le théâtre qui est messe."

Elie de Lansuraux, Célébration de l'humaine présence, éditions du Pain, 1923.

7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 21:03

"Ce que vous savez peut-être mal c'est à quel point vous êtes un besoin pour ceux qui vous aiment et, qui sans vous, ne vaudraient pas grand-chose. Je parle d'abord pour moi qui ne me suis jamais résigné à voir la vie perdre de son sens, et de son sang. A vrai dire, c'est le seul visage que j'aie jamais connu à la souffrance. On parle de la douleur de vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d'ombres?"

Albert Camus à René Char, lettre du 26 octobre 1951

Albert CAMUS-René CHAR, Correspondance 1946-1959, édition établie, présentée et annotée par Franck Planeille, NRF, Gallimard, 2007.

5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 15:18

c’est une vieille fontaine qui sans être bouchée jamais

déborde tout le temps de son eau pure et fraîche.

discrète elle s’est couverte de mousse, et c’est maintenant moins

preuve d’homme et de pierre que de la terre généreuse

 

qui donne au marcheur toujours

et sans cesse et sans cesse

une eau neuve.