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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:26

ScannedImage-28D 51.

 

la pluie ne nous quittait plus

depuis longtemps déjà

je roulais vers l’orage, et sa colère

visant là-bas cette immortelle foudre

cet immobile éclair le soleil s’éteint

 

mes roues lentement avalaient l’asphalte bleue

de la route rivière et me laissaient contempler mieux

le passage éternel de nuages zoomorphes

au troc sans cesse de formes sans cesse premières

pour former cloques et chimères énormes :

 

bêtes sans tête

dragons à plumes

volailles éléphantines

– ce temps ravive en moi

le temps de feu les enfantines

 

il me fallut ralentir ralentir encore

sous ce spectacle du ciel là mauve et là noir

jaune et violet ocre orange rouge rose

pour voir au loin voir

les nues déchirées de bleu clair

 

et dessous : la maison minuscule où

faible prière faible chant

la femme pleure elle est nue sans enfant

l’amour passé il est tard ce fut bon

la lente traversée de la lumière

11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 09:25

ScannedImage-27le trajet.

 

revenant de la capitale, ayant quitté l'A43

il roulait dans la nuit et la brume

sur la nationale 6 – il allait, je crois

au Pont, ou à La Tour

rentrant à la maison du père, une fois de plus

 

dehors, vitesse bruyante des moteurs

publicités, panneaux indicateurs. 140 kilomètres

heure au compteur: tout défile – il ne regarde rien. et n’entendit pas – car il écoutait

immobile, Mozart qu’il adorait parce que c’était la vie

parce que c’est la paix

 

le trajet n’est plus que musique – il allait sans bagage, sans papier, sans image, ni plan

ni carte – depuis l’enfance connaissant le chemin par cœur.

ses parents étaient alors au volant et lui, contre la vitre

à l’invention du paysage. la grâce de ce passé fit retour en lui

l’instant d’un sourire – folie

 
les pompiers qui désencastrèrent le corps

disent que jamais ne virent visage tel

tant immobilement serein, et tant plein de joie, et comme encor vivant

– souriant vestige et trace vive de son ultime ave :

à la Reine de la Nuit, salut 

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:23

ScannedImage-26

j’ai dit

que les morts se lèvent

aussi calmement que Dieu

 

parade de monstres

affreux fantômes

pourritures du diable

 

Anubis dieu chacal tais-toi

quitte l’Egypte

sois des nôtres

 

viens, Chien sauvage et fidèle :

pour tout onguent seulement ces mots

pauvres pages blanches bandelettes

 

agis sans magie

 

lave-tout fais ton œuvre

comme tu peux

sans crier

 

pas de faux secret

pas de faux miracle

 

laisse pourrir ce qui doit

fût-ce un chat sacré

fût-ce un corps d’apôtre

 

les larmes

les sables

l’oubli

 

puis Dieu réparera

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:19

gisants

6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 11:20

ScannedImage-24les fruits.

il y a les fruits amers
qui font gémir et pleurer
et les fruits délicieux
dont on jouit et disparaît

on ne sait pas reconnaître
le bon arbre comme on veut
alors on croque au hasard
on pleure et tout est fini

car on est trop sûr toujours
des légendes ambigües
et toujours trop l’on regrette
le vrai goût du fruit vrai

pourtant qui sait qu’il n'y a
qu’un tronc qu’une fleur qu’un fruit
même écorce et même sève
il mange la joie il vit