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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 22:56

BranguesBrangues.

 

le soir où nous marchions vers Brangues
dans la boucle du Rhône
Ophélie me dit en sa langue :
And now let me alone.

 

c’est sur la tombe de Claudel

que j’ai versé mes pleurs,

aux mânes de Julien Sorel

j’ai conté mes malheurs.

 

à Brangues je ne vais plus guère

regarder l’eau passer

car mon cœur trop tangue et se perd

aux marais du passé

21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 22:56

adolescentesadolescentes.

 

on les voit passer dans la vitesse et le nombre
à l’ombre des grands platanes brûlés
dardant de courts tee-shirts où leur poitrine étouffe
sous des étoffes bleues gonflant leurs vierges fesses
comme de bas poumons pour l’encens diabolique

elles vont sans joie se voulant statues
au très grand raffut Foutre offrant leurs rondes formes
rêvant de bites d'or mimant des reins
sur des rythmes naïfs de danses électriques
des nuits de foudre où crient les désirs chiens

mais leurs yeux allumeurs ont un goût de chewing-gum
menthe factice où se noiera la fièvre
– pauvres yeux mièvres et sublimes des génisses
gardant l’éclat du pré dans la remorque
qui les emporte aux tranchants vices du boucher

au cœur de leur chair suinte avec effort
un vieux bouillon de sucre d'orge où niaisement
dorment des taons – leur peau pourtant est suante
souhaitant que sur l'écran de leur jeunesse transe
où le néant s'allume elles paraissent

enfin! et qu’en boucle infernale toujours passe
l’image éternelle et piteuse d'elles
qu’on voit qui passent dans la vitesse et le nombre
à l’ombre des platanes morts.

20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 22:53

le-presage.jpgle présage

 

j’étais à lire au soleil – le jour était doux, le jour était bon, bleu, clair.

de petits bruits firent que mes yeux se levèrent 

hors du roman : deux lézards

à trois pas de moi se battaient méchamment.

 

il y eut un vainqueur. le silence revint.

je repris en lecture le fil de bonnes aventures

en un pays lointain. de nouveau, des bruits

– un bruissement lent, près du mur, qui se faufile, siffle 

 

– mais le lézard avait fui. c’était

autre chose. je tourne la tête, lentement, me lève et vois

une longue couleuvre noire :

elle ondule contre notre demeure. je la suis. 

 

alors elle se glisse entre deux pierres, disparaît. 

elle y dort, elle attend, elle est là.

depuis, j’ai refermé tous les livres.

je la guette et j’ai peur, et je tremble de froid.

19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 22:46

troubles.jpg

14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 12:01

 

1.

les choses se déplacent

on ne sait où elles vont

on ne sait où elles sont

on ne sait - quelle angoisse

 

sait-on où est ma place

où suis-je le sait-on

où vais-je le sait-on

j'ai froid la peur me glace

 

2.

la communication

va être interrompue

vous oublierez mon nom

vous ne m'avez pas vu

 

3.

j'ai mis une cagoule

qu'on ne me reconnaisse

adieu triste tristesse

à moi joie de la foule

 

que monte la colère

pour qu'au premier signal

se transforme en étoile

la vitre par ma pierre

 

j'arrache les enseignes

qui niaient ma présence

- voici le grand silence

je sens que mon coeur saigne

 

4.

j'ai un autre visage

et j'aime le danger

je ne suis plus très sage

maman j'ai bien changé

 

je n'en veux pas aux flics

qui m'ont défiguré

mais au siècle atomique 

qui m'a pulvérisé

 

5. 

là je ne suis plus seul

là je foule la terre

là les chiens sont nos frères

qui courent mordent gueulent

 

6. 

nous aimions trop le monde

pour le vouloir changer

et nos pierres répondent

à ceux qui l'ont mangé