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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:09

vois comme à l'hiver

le coeur que dévore

le gris du décor

bat de mauvais vers

 

ces vers entends-les

leur laide lumière

froidement libère

la chanson gelée

 

psaume en la prison

à l'âme abîmée

l'amour mal-aimé

neige sa chanson

 

j'entends sous la glace

le fleuve sans fond

rêve à l'astre blond

et mon âme est lasse

 

quand apprendra-t-elle

à chanter ton nom

comme les eaux font

sitôt le dégel

 

Le poème sur une musique et dans une interprétation de François Guillon


 


22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 22:45

VERCHININE

Oui. On nous oubliera. C'est notre destin, on ne peut rien y faire. Ce qui nous paraît sérieux, respectable, très important - un temps viendra - ça sera oublié ou ça paraîtra insignifiant.

Pause.

Et l'intéressant, c'est que nous ne pouvons pas du tout savoir ce qui sera tenu pour élevé, important, et ce qui paraîtra pitoyable, ridicule. Est-ce que les découvertes de Copernic ou disons, celles de Colomb, n'ont pas paru dans un premier temps inutiles, ridicules, tandis que n'importe quelle sottise, écrite par un imbécile, passait pour vérité? Il se peut aussi que notre vie actuelle, dont nous nous arrangeons si bien, paraisse avec le temps bizarre, inconfortable, stupide, pas assez pure, et même chargée de péché...


TOUZENBACH

Qui sait? Mais peut-être qu'on trouvera que notre vie était noble et qu'on se souviendra de nous avec respect.


Anton TCHEKHOV, les Trois Soeurs, acte I, 1901 (traduction d'Arthur Adamov révisée par Michel Cadot).

21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 20:54

peins il fait moins deux tes doigts sont gourds mais peins

le songe est dans le geste

ébauche ta cathédrale

 

(souviens-toi vous entriez et tout montait

haine à l'écrasement

âme plus haute que voûtes

   

vous marchiez dalles accidentées vitraux

atterrés de lumière

qui ne mènent qu'à l'autel)

 

des traits parfaits séparent les teintes sales

la toile s'agrandit

tu peins des couleurs difformes


(souviens-toi quand Isabelle est au piano

l'accrochement des notes

vrai sang de la vraie musique)

 

regarde sans honte ce que tu feras

la mort lavera tout

le reste donne-le moi


quel ciel as-tu peint là qui te fait plus grand

qu'à raison ne te croit

l'homme déguisé en toi

 

20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 18:03

 

la nuit fait plus beau le chant du rossignol

quand n'écoute que l'arbre

je crois plus loin que j'ai cru

 

dites-lui pour moi ce que l'arbre entendit

flocons qui meurent roses

aubes buveuses de nuits

 

blessure de l'oiseau trou sang bouche ouverte

sois une fée muette

que seul entendra l'aubier

 

Lien vers le poème mis en musique et interprété par François Guillon (qui fait tout même les "hou-hou" derrière)

20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 17:32

mes larmes vous parlent de la pluie mauvaise

qui tombera bientôt

mais vous n'y comprenez goutte

 

de grands arbres s'effondrent devant ma route

je marcherai dessus

souffle un vent froid dans mon dos

 

j'ai traversé la mort depuis mon baptême

je ne crains pas la vie

tant pis si je vous dégoûte