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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 21:42

qui regarde vrai qui a déjà vu

les fruits des marronniers

 

(Alberto Caeiro je te salue

je sais que tu connais

les fruits des marronniers

 

ils sont plus vrais que ce poème

ils sont plus vrais que toi

les fruits des marronniers

 

même ton double même moi

même Fernando Pessoa

tous sommes-nous pas moins vrais que

les fruits des marronniers)

 

ô réalités ô choses visibles

ô choses connues choses méprisées

ô fruits des marronniers

1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 19:31

l'hiver a passé les corbeaux sont contents

ils mangent les bourgeons

et nos fusils ont rouillé

27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 12:13

nomades des pays sans fleur

nous avons soif nous avons faim

qui nous fera voir le bonheur

qui nous montrera le chemin

 

nous cherchons le puits de Jacob

l'eau vraie qui irrigue le coeur

rire affolé des nuits de Job

le cri des hyènes nous fait peur

 

toujours travaillés par la paix

nous imaginons l'aube bleue

la face où la lumière pleut

trouvant le vrai pain le sang vrai

25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:42

quatorze

deux fois sept

onze plus trois

un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un

quatorze

 

quatorze fois le ventre qui se vide

quatorze fois la mort qui vient

quatorze fois la vie qui fuit

quatorze fois l'attente vaine

quatorze fois l'amour pour rien


quatorze fois l'amour qu'on croit pour rien


quatorze bouts de chair qu'on jette


quatorze espoirs avortés

quatorze désespoirs

quatorze amertumes


 

quatorze vies imparfaites

quatorze pas nés

quatorze pas vivants pas morts pas vécus

quatorze sans visage

quatorze disparus pas apparus

quatorze potentiels

quatorze oublis

 

quatorze fois un trou qui saigne resaigne

 

quatorze prénoms pas donnés

quatorze portes qu'on referme

quatorze fois la chambre vide

quatorze absents

quatorze fois le vide

 

quatorze fois se sentir plein du gouffre

sentir le gouffre le rien la vanité le temps

pire que la mort la vie qui ne vient pas

qui se refuse

qui refuse

quatorze fois

 

quatorze fois les pleurs qu'on verse

quatorze fois les cris qu'on n'entend pas

 

ça fait quatorze -


quatorze frères ou soeurs

qu'on cherche qu'on prend qu'on adopte qu'on vole

quatorze mille questions

 

quatorze inconnus

quatorze habitants des limbes

qu'on cherche

 

quatorze oublis

qu'on cherche


quatorze qu'on essaie d'oublier

 

quatorze

deux fois sept

trois plus onze

un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un

quatorze

 

Pour mes parents et ma soeur.

Au jour de l'Annonciation.

24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 18:30

entendez la chanson blessée

du trop-aimé du trop-aimant

qui pleure à toute heure passée

qui rit en son déguisement

 

                   *

 

par quelle plaie se fend mon coeur

qui porta l'arme qui le tue

quelle saison pour le bonheur

où meurt son rythme ma vertu

 

                   *

 

à l'horizon le ciel est clair

la neige a fondu dans la combe

odeur de pluie de bois de terre

les lézards s'aiment sur les tombes

 

terre épaisse au passé des neiges

lourde lumière sur les marbres

pesant amour qui tout agrège

fleuve de sève au coeur de l'arbre

 

c'est trop d'amour mon âme est pleine

de trop de vie mon coeur trop lourd

chants neufs de la verte semaine

tout ce qui naîtra me rend sourd

 

                    *

 

un oiseau bleu passe dans moi

qui crève ma chair et ma fièvre

trou guérisseur gouffre des joies

où ma tristesse met ses lièvres

 

bienheureuse blessure fine

par où le sang pourra chanter

source folle au flanc des collines

spectre fou des maisons hantées

 

                    *

 

entendez la chanson blessée

du trop-aimé du trop-aimant

son coeur épais le fait boiter

son coeur troué le fait chantant