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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 22:16

Puisque l'écran ne dit rien, on parle, on croit que c'est avec soi: même pas. On parle. Se disant: on parle, c'est déjà ça. Avec la foi (ce n'est rien d'autre) que ça finira bien par dire quelque chose. Si ce n'est soi, quelque chose en soi. Si ce n'est cette peut-être chose en soi, un qui lira -

Mais non. Sornettes.

On écrit déjà pour cette chose en soi qui est le Lecteur. Que je reconnaîtrai dans l'autre, quand il viendra, en vêtements blancs, me lire.

10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 22:12

Voilà bien des choses encore qu'il faudrait dire. Mais on est fatigués, hein? Le réel, ça fatigue. Ça tue, quoi. Tous les jours, ça tue. Par là qu'on vit. Dans cette zone. Où la mort. Où les choses. Qu'il faudrait dire, avant qu'on passe de leur côté, et qu'elles nous disent, elles, sans se priver, dans leur non langue, qui ne sait même pas dire: je tue.

9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 22:07

Mais aussi, si ce que vous me dites ne vient pas, n'est pas de vous - mais répétition d'un autre, mauvais mime, langue étrangère déguisée par, avec, dans votre langue, comment voulez-vous que je trouve le nom qui vous nomme, l'appel qui vous appelle, le cri qui vous tue, le rêve qui vous fasse, et tout l'amour, et la haine, tout ça de l'homme, pour vous vraiment, par moi vraiment, si tout ce que vous me dites, n'étant pas de vous, façonne pour mon visage un être qui n'est pas, un rien qui n'est pas mais que vous dites: vous.

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:39

ils (bonnes gens bourgeois) disent

ça ne se dit pas ça ne

se fait pas - dans la peur de

réveiller le dragon qui

dort en eux allongé sur

le très merveilleux trésor

 

plutôt: ils lui couperont

les couilles pour qu'il ne crache

plus aucune flamme qu'il

dorme oui - et qu'ils dorment tous

tant que durera la vie

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:30

avant tous les petits oiseaux avaient des bras

qu'on arracha qu'ils s'arrachèrent (je ne sais)

 

alors leur poussèrent des ailes

 

celui-là qui écrit (moi) voit

ainsi tous les petits oiseaux du ciel

(ainsi lui-même se voit-il):

la grâce du vol leur vint de

cette blessure double

 

et ce vol depuis s'organise

(et je pense d'abord aux hirondelles)

rigoureusement selon leur

constitution sanguine

leur code génétique

et la pression de l'astmosphère

(c'est visible quand vient l'orage

- l'orage désiré par un dieu tout-puissant)