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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 21:39

A suffi que quelqu'un parle sans regarder à qui il parlait pour que la corde se casse; sans qu'on sache bien à quoi servait la corde, ce qu'elle retenait, soutenait, attachait. Mais elle a cassé, le rouage s'est modifié. Et chaque regard depuis (un créneau qu'on rate et des jeunes dans la voiture derrière qui vous regardent et rient), chaque parole (il en est tant et trop) revient casser la corde (la même). Et parfois cela vous relâche, et parfois cela vous raidit.

Vous vous en étonnez dans le combat.

Cela ne vous rend pas plus faible. Cela défait la machine en vous, doucement. Ne restera que l'homme. Ils pourront vous pétrir la gueule avec leurs bottes, ils ne casseront plus rien. A vous toute la vraie victoire.

28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 21:30

On peut difficilement se dire autre chose, écrivant, relisant: Encore de la merde.

Et pourtant on continue. Parce qu'il faut, parce qu'on doit. Aussi sûr de pondre un jour, d'avoir pondu déjà, un oeuf d'or, un enfant. Qu'on a dû nous voler, qu'on nous volera. Il doit y avoir un conte qui ne disait pas autre chose, et qu'on a dû nous lire, petit. L'oeuf d'or. L'enfant. 

On n'écrit pas pour réécrire le conte.

On écrit parce qu'on est le héros de tous les contes de toutes les enfances, dits par toutes les mères, de la sienne à la Mère de Dieu, et de la Mère de Dieu à la première Eve.

Jusqu'au premier mot, jusqu'au premier crottin, jusqu'à la première aurore.

21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 21:19

I.

regarde les cendres d'hier

les quelques brindilles d'aujourd'hui

regarde l'allumette s'éteindre

n'aie pas peur

 

II.

sois fier de ce que tu ne sais pas

sois fier d'être conscient de ne pas savoir

de ton angoisse de ne plus comprendre la naissance de la lumière dans l'ampoule la vitesse des particules la nature des choses

ce qu'on voudrait de toi - c'est

(reste déjà à savoir qui est on

le grand méchant on)

ce qu'on veut de toi - c'est

que tu ne saches rien absolument et que tu l'ignores

que tu ne saches pas que tu ne sais pas

 

III.

à quoi penses-tu Socrate même pas foutu

de faire du feu? disent les malins qui

savent si bien fabriquer de l'ombre -

 

est-ce eux on? c'est eux

et en toi cette part qui tolère

qu'ils aient une part en toi

 

IV.

que désires-tu? un yaourt? un salon à 20 degrés? le dernier film? réentendre cette musique du supermarché? qu'une femme apparaisse sur ton canapé même pas IKEA? que quelqu'un (on) entre et t'encule?

 

V.

veux-tu pas plutôt vivre

demeurer là près du feu

qui a pris tu ne sais comment

sachant que tu ne sais comment

 

flamme vraiment rebelle du non-savoir

19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:29

 

Le plus difficile pour le tueur a dû être de trouver les armes. Car pour ce qui est des idées, elles sont en libre accès depuis quelques années. Oh! qu'est-ce qu'une idée. Qu'est-ce qu'un mot. Une idée, un mot, ne tuent pas - n'est-ce pas? N'est-ce pas, "union sacrée"?

Il fut juste de résister dans les années 40. Il fut peut-être bien plus juste de résister dès les années 30.

Je pleure. Aujourd'hui je n'arrête pas de pleurer. Je pleure pour les morts, pour les lucides et pour les sourds.

Je pense à hier. A la Bastille en 1935. "Nous faisons le serment solennel de rester unis pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses -"

Je pense à la Norvège. A la Hongrie.

Je pense aux peuples qui ne regardent pas leur histoire en face - ce point noir que fait le soleil dans l'oeil ouvert.

Je pense à tous ceux qui refusent de voir et de penser.

Qui se perdent dans le mou. Dans le gris. Alors qu'il n'est plus temps.

PARCE QU'IL N'EST PLUS TEMPS.

18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 21:18

avant de se coucher

un baiser aux étoiles

pour qu'elles ne meurent pas

(ou m'attendent, au moins)