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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:23

je suis au théâtre

c'est une répétition je regarde

je pense à toi Nelly

 

dehors la pluie et le vent

en mai comme si c'était novembre

 

je suis au théâtre

tout d'un coup la musique de Purcell

jaillit

 

du fond du plateau noir les apprentis comédiens

avancent bras le long du corps visages

simples simplement présents

ils marchent

 

ils marchent

s'avancent jusqu'au devant de la scène

ce sont des hommes

on le voit bien

ils sont là

ils sont vivants

ils ressuscitent

on le voit bien

 

je suis au théâtre

dans le noir

dehors la pluie et le vent

en mai comme si c'était novembre

je pense à toi Nelly

25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:34

  

on ne voit jamais les rats

qui dorment chez soi

sous les fondations

 

on ne les entend pas

grignoter

ni courir

ni se battre

 

mais leurs yeux luisent dans nos nuits

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 16:32

maintenant les métiers dorment

 

 

il n'y a plus de tisseuse

plus de berceuse

 

 

on dit encore le texte

qui n'est plus écrit

 

 

tissons

30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 15:01

un caillou

n'est qu'un caillou

28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 10:12

Autant qu’il m’en souvienne

Pépé m’avait conté

Dans une histoire ancienne

D’amour de liberté

Que les gens de la plaine

Quand il fallait lutter

Face aux lois de la haine

C’étaient pas les derniers

Mais les gens d’aujourd’hui

Pépé tu serais triste

Tout leur amour a fui

- Ils sont fascistes

 

 

Pourtant pépé crois-moi

Y a que des braves gens

C’est pas des pousse-toi là

Pas des fadas d’argent

Dauphinois cœur de noix

Dur dehors doux dedans

Quand ils t’ouvrent leurs bras

C’est pas pour de semblant

Mais pourquoi quand ils disent :

« C’est pas qu’on soye racistes… »

C'est à peine s’ils précisent :

« On est fascistes. »

 

 

Comment te les décrire ?

Pépé je saurais pas

C’est pas à leur loisir

Que tu les r’connaîtras

C’est pas à leur moustache

Ou à leurs beaux souliers

A leurs habits sans tache

Ou à leurs tabliers

Randonneurs ou chasseurs

Paysans ou artistes

Handicapés du cœur

- Y a des fascistes.

 

 

Pas leurs gueules les plus moches

Pas leur air le plus gland

Y en a même qu’on accroche

Qu’on met au premier rang

C’est pas qu’ils parlent mal

C’est pas des bons à rien

C’est même pas tous des mâles

C’est parfois des gens bien

Des qui puent pas des dents

Qui vont chez le dentiste

C’est pas qu’ils soyent méchants

- C’est des fascistes.

 

 

Mention toute spéciale

Pour les ceusses qui z’y croient

Leur souplesse dorsale

Devant les croix de bois

Les prières à Jésus

ça sert vraiment à rien

Si c’est pour cracher d’ssus

Quand il est africain

Si tu cries gloire au Christ

En tenue mariniste

Appelle un exorciste

Maudit fasciste

 

 

Pendant toute l’année

Et dans tous nos villages

Ils sont disséminés

Y en a de tous les âges

Parlant de grand ménage

Voyant pas la misère

Je vois venir l’orage

J’entends jà le tonnerre

J’ai envie de creuser

(Pas pour le gaz de schiste)

Un grand trou pour cacher

Tous les fascistes.

 

 

Autant qu’il m’en souvienne

Pépé m’avait chanté

Que d’la misère humaine

Faut pas désespérer :

« Va fends le cœur de l’homme

Il y dort un soleil

Sors-les des mauvais sommes

Que le rire les réveille »

J’imagine la plaine

Pépé tu s’rais plus triste

En vraie républicaine

- Sans les fascistes.