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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 09:52

voici les boeufs qui ont dormi

tout le saint jour dedans la boue

et qui se lèvent maintenant

marchant vers l'ouest -

7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:25

je ne veux pas être consolé

je veux être réjoui

9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:12

" "Quand tu as trente gamins dont tu dois t'occuper, avec des niveaux différents, des vécus différents, et qu'il faut que ça roule, lui-disait-elle, trente gamins différents, qui t'arrivent d'horizons différents et qui apprennent de trente manières différentes, il faut le gérer, tout ça. ça implique beaucoup de paperasse. Beaucoup de tout. Mais c'est rien, comparé à ce que je fais ici. Bien sûr, même ici, même dans la section de rééducation à la lecture, il y a des jours où je pense "aujourd'hui, j'ai été bonne", mais le plus souvent j'ai envie de sauter par la fenêtre. Je me casse la tête à me demander si c'est vraiment la bonne filière pour moi. Parce que je m'investis beaucoup, au cas où tu ne t'en serais pas aperçu. je veux faire les choses "comme il faut", et c'est une vue de l'esprit - chaque enfant est différent, chaque enfant est un cas désespéré, et je suis censée arriver pour tout arranger.Bien sûr que tout le monde perd pied avec les enfants qui n'arrivent pas à apprendre. Qu'est-ce que tu veux faire d'un gosse qui sait pas lire? Penses-y - un gosse qui sait pas lire. C'est difficile, papa. Ton ego s'y laisse bouffer, quand même, tu sais." "

Philip ROTH, la Tache, I : "De notoriété publique", 2000.

2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 09:00

"Plus tard, j'ai compris que les Russes, dont la vie est morne et misérable, trouvent dans leurs chagrins une distraction. Comme des enfants, ils jouent avec leurs malheurs dont ils n'éprouvent aucune honte.

Dans la monotonie de la vie quotidienne, le malheur lui-même est une fête et l'incendie un divertissement. Sur un visage insignifiant, même une égratignure semble un ornement."

Maxime GORKI, Enfance, fin du chapitre X, 1914.

Il faudrait recopier ici tout le premier chapitre, l'enterrement du père. Et toutes les pages où se révèle la bonté de la grand-mère, qui m'ont ébloui, me rappelant les cinquante premières pages des Misérables, la description de Mgr Myriel. Ecrire la bonté sans miévrerie est difficile. Mais quelle lumière et quelle paix quand c'est réussi.

27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 17:03

Par le petit garçon qui marche avec sa mère

Tandis que des enfants s’abrutissent les nerfs

Par les congés conquis par le Front Populaire

Et par la foule immense immergée dans l’Histoire

Pour qu’un coin de ciel bleu déchire la nuit noire

Je te salue, ma rue

 

Par les slogans gueulés, par les murs qu’on a peints

Les affiches collées jusqu’au petit matin

Par tous les poings levés et par les coups - de main

Par le camp des gitans qu’on voit devenir miettes

Les promesses trahies promettant nos défaites

Je te salue, ma rue

 

Par la putain qui pleur’ au fond d’un’ camionnette

Le paysan pendu sur son grand champ de dettes

Par les chiens qui aboient quand l’étranger s’arrête

Par la caissièr’ fourbue que tous ont insultée

Par le fils dont le pèr’ vient de se fair’ virer

Je te salue, ma rue

 

Par la manif en marche, par la foule qui tonne

Sous les coups de matraqu’ dès que la charge sonne

Par le cri de Gavroche et le mot de Cambronne

Par le peuple debout et par nos peurs domptées

Les lendemains promis où d’autres vont chanter

Je te salue, ma rue

 

Par les deux chants du coq quand la nuit disparaît

Par tous ceux qui croiront au vieux rêve français

Par le blanc des lilas, le rouge des œillets

Par l’étendard sanglant élevé dans l’Histoire

Pour qu’enfin le ciel bleu défasse la nuit noire

Je te salue, ma rue