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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 20:58

-Comment vous appelez un type qui a été normalien, payé par la République pour faire ses études, et qui, pour mieux gagner des voix, copiant-collant les tracts du FN, passe une bonne partie de son temps à conchier sur ce qu'il appelle "les assistés"? Un type qui ne met en avant sa foi catholique que pour gagner quelques voix tout en agitant peur et divisions? Un type qui veut mettre des caméras dans tous les lycées pour faire baisser l'insécurité tout en ayant défendu la baisse du nombre de surveillants et de profs dans les établissements?
Moi j'appelle ça une pute.

-Vous exagérez -

-Non, non: une pute. Une qui veut gagner. Une qui n'a peur de rien. Une qui a déjà vendu cent fois son âme au diable avant la quarantaine. Une pute, vous dis-je.

30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 08:52

"Si les fautes de l'Eglise ont été nombreuses et graves dans sa longue histoire de pouvoir, la plus grave de toutes serait d'accepter passivement d'être liquidée par un pouvoir qui se moque de l'Evangile. Dans une perspective radicale, peut-être utopiste ou, c'est le moment de le dire, millénariste, ce que l'Eglise devrait faire pour éviter une fin sans gloire est donc bien clair: elle devrait passer à l'opposition et, pour passer à l'opposition, se nier elle-même. Elle devrait passer à l'opposition contre un pouvoir qui l'a si cyniquement abandonnée en envisageant sans gêne de la réduire à du pur folklore. Elle devrait se nier elle-même, pour reconquérir les fidèles (ou ceux qui ont un "nouveau" besoin de foi) qui l'ont abandonnée à cause justement de ce qu'elle est.

En reprenant une lutte qui d'ailleurs est dans sa tradition (la lutte de la papauté contre l'empire), mais pas pour la conquête du pouvoir, l'Eglise pourrait être le guide, grandiose mais non autoritaire, de tous ceux qui refusent (c'est un marxiste qui parle, et justement en qualité de marxiste) le nouveau pouvoir de la consommation, qui est complètement irreligieux, totalitaire, violent, faussement tolérant et même, plus répressif que jamais, corrupteur, dégradant (jamais plus qu'aujourd'hui n'a eu de sens l'affirmation de Marx selon laquelle le Capital transforme la dignité humaine en marchandise d'échange). C'est donc ce refus que l'Eglise pourrait symboliser, en retournant à ses origines, c'est-à-dire à l'opposition et à la révolte. Faire cela ou accepter un pouvoir qui ne veut plus d'elle, ou alors se suicider."

Pier Paolo PASOLINI, "Les dilemmes d'un pape aujourd'hui", Corriere della Serra, 22 septembre 1974.

1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 10:10

on ne voit que d’abord leurs feuilles trinitaires

verte anamnèse

vertes prières

têtes de linottes sur les talus marcottent

les fraises

 

quand ensuite les bois dans le printemps se parent 

de ces fleurs niaises

oh qu’on se marre

de décorer Julie de ces bijoux gratuits

les fraises

 

quand enfin tout est mûr qu’on les ramasse ensemble

le coeur à l’aise

oh comme on tremble

de ce goût de baiser qui vient nous rassasier

les fraises

 

puis c’est soudain l’automne et c’est fini l’amour

pris de malaise

le souffle court

assis sur un talus là nous ne parlons plus

qu’aux fraises 

 

et d’autres rient et d’autres parlent d’autres pleurent

et d’autres baisent

et ce chant meurt

que nous murmurerons quand nos os sucreront

les fraises

1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 10:13

tôt ce matin la pluie m’adoube:

tout l’aujourd’hui tu deviendras

le chevalier qui ne fait rien

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 19:11

quand vient le soir

sous les tilleuls

dont les parfums font des coeurs ce qu'ils veulent

 

quand l'hirondelle

au ciel de juin

mord au merisier le dernier fruit - mon coeur est plein

 

et la nuit vient

et la nuit vient