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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 10:12

Autant qu’il m’en souvienne

Pépé m’avait conté

Dans une histoire ancienne

D’amour de liberté

Que les gens de la plaine

Quand il fallait lutter

Face aux lois de la haine

C’étaient pas les derniers

Mais les gens d’aujourd’hui

Pépé tu serais triste

Tout leur amour a fui

- Ils sont fascistes

 

 

Pourtant pépé crois-moi

Y a que des braves gens

C’est pas des pousse-toi là

Pas des fadas d’argent

Dauphinois cœur de noix

Dur dehors doux dedans

Quand ils t’ouvrent leurs bras

C’est pas pour de semblant

Mais pourquoi quand ils disent :

« C’est pas qu’on soye racistes… »

C'est à peine s’ils précisent :

« On est fascistes. »

 

 

Comment te les décrire ?

Pépé je saurais pas

C’est pas à leur loisir

Que tu les r’connaîtras

C’est pas à leur moustache

Ou à leurs beaux souliers

A leurs habits sans tache

Ou à leurs tabliers

Randonneurs ou chasseurs

Paysans ou artistes

Handicapés du cœur

- Y a des fascistes.

 

 

Pas leurs gueules les plus moches

Pas leur air le plus gland

Y en a même qu’on accroche

Qu’on met au premier rang

C’est pas qu’ils parlent mal

C’est pas des bons à rien

C’est même pas tous des mâles

C’est parfois des gens bien

Des qui puent pas des dents

Qui vont chez le dentiste

C’est pas qu’ils soyent méchants

- C’est des fascistes.

 

 

Mention toute spéciale

Pour les ceusses qui z’y croient

Leur souplesse dorsale

Devant les croix de bois

Les prières à Jésus

ça sert vraiment à rien

Si c’est pour cracher d’ssus

Quand il est africain

Si tu cries gloire au Christ

En tenue mariniste

Appelle un exorciste

Maudit fasciste

 

 

Pendant toute l’année

Et dans tous nos villages

Ils sont disséminés

Y en a de tous les âges

Parlant de grand ménage

Voyant pas la misère

Je vois venir l’orage

J’entends jà le tonnerre

J’ai envie de creuser

(Pas pour le gaz de schiste)

Un grand trou pour cacher

Tous les fascistes.

 

 

Autant qu’il m’en souvienne

Pépé m’avait chanté

Que d’la misère humaine

Faut pas désespérer :

« Va fends le cœur de l’homme

Il y dort un soleil

Sors-les des mauvais sommes

Que le rire les réveille »

J’imagine la plaine

Pépé tu s’rais plus triste

En vraie républicaine

- Sans les fascistes.

commentaires

M
Révoltée comme vous, j'adore ce texte. Pourtant, fille de dauphinois, ayant des petits-enfants métissés, dont 3 ont des origines algériennes par leur papa, je croise tous les jours autour de moi, des "racistes" et croyez que cela fait mal de' voir que l'on en a parmi ses amis. Bien sûr, ils vous disent mais ce n'est pas pareil, ton gendre est super, mais ça fait mal. Pourquoi également pour Zidane et les autres ce n'est pas pareil... Celà voudrait-il dire que les français sont racistes quand ça les arrange ! Celà voudrait-il dire que lorsque l'on a de l'argent ou que l'on est célèbre, on n'a plus de religion, plus d'identité ? Franchement, un grand merci de renouer le débat. Je sais que ce n'est qu'une goutte, mais il ne faut pas lâcher, car je ne lâche pas et au lieu de me braquer contre les gens autour de moi, petit à petit, je leur sème le doute dans leur façon de voir...
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D
Ce texte groove tout seul, oui il chante déjà, et j'ai hâte de l'entendre proclamé comme un hymne à la beauté de notre plaine républicaine. Ahh que j'aurais aimé avoir ce texte sous les yeux... face à ce vieux fasciste qui s'est permis, devant une buvette comme on les aime par chez nous, de traiter - tête baissée, mais suffisamment fort pour que je l'entende - de "saleté" une bénévole du sou des écoles, qui cumulait les erreurs : être une femme, avoir la peau colorée, et s'être trompée en rendant la monnaie... La saleté n'était pas du côté du bar qu'il croyait, mais je n'ai pas eu le courage de le lui dire, j'ai eu peur. Ah ... les peurs ... peur de ces hommes avinés qui trainent dans les foires de nos villages, qui transpirent leurs horreurs, sans que nous ne disions rien. Ah si seulement j'avais pu lui déclamer les mots de ton pépé. Je n'aurais pas eu mal au ventre en rentrant, c'est lui qui aurait eu mal à ma place peut-être. La prochaine fois, je penserai à ton pépé... et je me jure de ne plus avoir peur. Ne plus laisser passer, ne plus laisser pisser, ne pas laisser croire que ces mots et ces comportements peuvent rester impunis, ainsi commence la lutte contre le fascisme ordinaire. Merci Aurélien.
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M
Les larmes aux yeux en pensant à cet héritage inestimable que tu as reçu des deux branches.
A faire mettre en musique et à proposer à un héritier de Ferré, Reggiani ou Ferrat...ou à diffuser toi-même !
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M
Je sais c'est déjà en musique mais il faut un accompagnement....
M
Un grand moment, la semaine dernière. Souffle coupé et cœur battant.
Merci, poète ! Merci, Aurélien !
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