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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 22:12

tu as cherché longtemps

longtemps tu as rêvé 

longtemps tu as erré

longtemps tu n’as pas cru

longtemps tu as trop cru

et d’un mirage à l’autre

 

et bien que sédentaire

rasé repu ravi

au fond du canapé

tu fus le voyageur

tu fus le grand voyeur

tu es l’inconsolé

 

l’agence de voyages

ne t’a jamais menti

tout fut pour ton repos

et ta récréation 

te plaisant à mourir

tu en eus pour tes sous

 

que cherchais-tu alors

sinon une chanson

jamais par toi apprise

sinon la vraie prière

pour réparer ta vie

sinon la vraie maison

 

tu achetas logis 

où tout refaire à neuf

chaque pièce et ton coeur

et la tapisserie

mais ce n’était pas ça

où la vie nous exige

 

où l’obstacle et le manque

où la pierre est sans mou

et la pelletée franche

où la banque se tait

quand l’oiseau dit son nom

où l’oiseau est l’oiseau

 

où l’on meurt comme on doit

avec de gros regrets

et de puissants mercis

de la poussière au cul

l’écran plein de salive

trinquant au bel oubli

 

au bord d’un bois tranquille

la ville était bien loin

tu achetas un pré

pour y scruter la biche

creusant tes fondations

en de solides sables

 

tu comptais sur la croix

au-dessus d’un bon lit

pour bénir tes gros murs

et tes contrefaçons

et gras de nuit ton chien 

tes amis impeccables

 

la vie n’y était pas

tu défis tu refis

bâtis une cabane

en un cube de branches

que tu calfeutras de

ta propre humilité

 

la vie n’y était pas

tu achetas la tente

où dieu le soir viendrait

boire un thé à la menthe

et te dire quoi faire

et te dire où aller

 

la vie n’y était pas

tu achetas semaine

tu achetas chemise

pour ne prendre rien que 

pour faire au rythme juste

sans valise qui boite

 

la vie n’y était pas

tu te fis fou enfin 

tu déchiras ton père

tu crachas sur tes cendres

tu vendis ta cervelle

tu te mordis les mains

 

tu creusas un grand trou

où t’enterrer vivant

du siècle éclos en toi 

tu retrouvas les morts

habitant des racines

habitant des bourgeons

 

aujourd’hui lève-toi

ainsi dit l’écriture

et tu te relevas

plus crasseux que la crasse 

aujourd’hui tu ne sais

où le trou où la vie

 

où que tu sois c’est là 

que l’air soit pur ou manque

aujourd’hui tu le sais

quand le loup te regarde

de ses grands yeux de loup

et l’arbre de ses feuilles

 

et le premier qui passe

enfin tu le regardes

et ça brûle plus que

le soleil le soleil

tu te reconnais là

jusqu’au bruit des moteurs

 

et toi enfin tu vis

sur l’aire d’autoroute

où s’en allaient les mêmes

sans vouloir embarquer

ta très veuve guenille 

ton déguisement neuf

 

et toi enfin tu vis

au miroir d’une flaque

que l’orage laissa

beau rond ticket d’entrée

qui tombe de sa poche

à la fin du spectacle

 

et toi enfin du vis

à la fin du spectacle

le spectacle commence

la maison que tu es

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